La bascule progressive vers une retraite par capitalisation est l’une des mesures phares du programme (voir la fiche de la mesure). Cette rubrique explique comment fonctionne ce système, ce que propose le candidat et ce qu’ont fait d’autres pays.
Deux façons de financer les retraites
Par répartition
Le système actuel en France
- Les actifs versent des cotisations prélevées sur leur salaire.
- Les caisses de retraite les reversent la même année…
- … aux retraités d’aujourd’hui, sous forme de pensions.
- La pension dépend surtout de
- Le nombre de cotisants par retraité, le niveau des salaires et les règles fixées par la loi (âge, durée de cotisation, mode de calcul).
- Risque principal
- Démographique : quand il y a moins d’actifs pour plus de retraités, il faut augmenter les cotisations, baisser les pensions ou reculer l’âge de départ.
Par capitalisation
Le système que le programme veut développer
- Chaque actif verse des cotisations sur un compte à son nom.
- Cet argent est placé pendant toute la carrière (actions, obligations, immobilier…) et produit des gains.
- À la retraite, le capital accumulé est versé sous forme de rente mensuelle, ou en partie en capital.
- La pension dépend surtout de
- Les sommes versées, la durée d’épargne, le rendement des placements et les frais de gestion.
- Risque principal
- Financier : un krach ou des rendements faibles, surtout peu avant le départ, réduisent le capital disponible.
Ce que propose David Lisnard
La difficulté centrale : la « double charge » de la transition
Les pensions d’aujourd’hui sont payées avec les cotisations d’aujourd’hui. Si une partie de ces cotisations est placée sur des comptes individuels, les pensions en cours doivent être financées autrement : impôt, dette ou économies. Pendant plusieurs décennies, les actifs paient donc à la fois les retraites de leurs aînés et leur propre épargne. C’est le principal point débattu dans tous les pays qui ont fait cette bascule.
Simulateur : ce que peut produire une épargne retraite
Illustration pédagogique, pas une prévision. Le simulateur calcule le capital obtenu en plaçant chaque mois une part du salaire, puis la rente mensuelle que ce capital permettrait de verser. Modifiez les hypothèses pour voir l’effet du rendement et de la durée.
Hypothèses : montants en euros d’aujourd’hui (le rendement réel est le rendement après inflation, net de frais), salaire constant sur toute la carrière, versements mensuels, rente calculée sur 25 ans de retraite avec le même rendement. Valeurs par défaut : un salaire de 2 500 €, le revenu médian utilisé par le programme, et 10 % du salaire, le taux de cotisation retenu par le Chili. Pour comparer, le socle par répartition proposé par le candidat est de 1 000 € par mois. Ordres de grandeur réels : le RAFP des fonctionnaires a obtenu 4,7 % par an en moyenne depuis 2005, avant inflation ; le fonds public suédois par défaut, AP7 Såfa, près de 11 % par an entre 2000 et 2025, avant inflation. Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs.
Ce qu’ont fait d’autres pays
Les arguments du débat
Arguments avancés par les partisans
- Le système dépend moins du rapport entre actifs et retraités, qui se dégrade.
- Sur longue période, les placements financiers ont souvent rapporté davantage que la croissance des salaires, qui détermine le « rendement » de la répartition.
- Chacun est propriétaire de son épargne, visible sur un compte à son nom.
- Les sommes accumulées financent les entreprises et l’économie.
Objections soulevées par les critiques
- La transition impose une double charge pendant plusieurs décennies.
- La pension dépend des marchés : un krach peu avant le départ réduit le capital.
- Les frais de gestion réduisent le rendement s’ils ne sont pas encadrés.
- Une sortie en capital ne couvre pas le risque de longévité : on peut épuiser son épargne si l’on vit longtemps.
- Plusieurs pays d’Europe centrale et orientale sont revenus en arrière.